Services
Expertises
Ressources
Qui sommes-nous
Croissance et exportation
Par Émile Audet
Spécialiste en subventions canadiennes
Publié initialement en août 2026; mis à jour le 25 août 2026

Nouveaux tarifs américains : FORCE, PAUPME et financement pour les entreprises du Québec

Équipe manufacturière québécoise préparant une expédition

Les entreprises québécoises touchées par les nouveaux tarifs américains ont maintenant deux nouveaux programmes provinciaux de liquidités à évaluer : FORCE pour certaines entreprises manufacturières et du secteur primaire ayant au moins 2 millions de dollars de chiffre d’affaires, et le PAUPME pour les entreprises admissibles dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 et 2 millions de dollars. Il s’agit de prêts, et non de subventions. Les entreprises qui prévoient des projets de productivité, de chaîne d’approvisionnement ou de diversification des marchés devraient aussi comparer les contributions fédérales et les autres solutions de financement.

Qu’est-ce qui a changé dans le conflit tarifaire Canada–États-Unis?

Le 21 août 2026, le premier ministre du Canada a annoncé la suspension des négociations commerciales avec les États-Unis. Selon cette déclaration, les États-Unis comptaient imposer des droits de 50 % sur environ 28 milliards de dollars de produits canadiens et le Canada prévoyait répliquer au dollar près. D’autres mesures fédérales devaient aussi être annoncées. Ces chiffres décrivent la mesure annoncée; ils ne signifient pas que toutes les exportations canadiennes sont assujetties à un tarif de 50 %.

Le Québec a réagi le 22 août en annonçant FORCE et le volet tarifaire du PAUPME. Les deux programmes cherchent à donner du temps aux entreprises viables pour maintenir leurs activités et préparer leur adaptation. La bonne question n’est donc pas seulement de trouver le plafond le plus élevé, mais d’identifier l’outil qui correspond au chiffre d’affaires, au secteur, à l’exposition tarifaire, au besoin de liquidités et au projet de l’entreprise.

Réponse rapide : quelles aides une entreprise québécoise devrait-elle examiner?

  • FORCE : financement de liquidités du Québec pour certaines entreprises manufacturières ou du secteur primaire ayant au moins 2 millions de dollars de chiffre d’affaires et une exposition admissible aux tarifs américains.

  • PAUPME – Tarifs douaniers : prêt de fonds de roulement administré par les MRC pour les entreprises admissibles ayant un chiffre d’affaires de 1 à 2 millions de dollars.

  • Initiative régionale de réponse tarifaire (IRRT) : contributions fédérales remboursables ou non remboursables pour les PME manufacturières québécoises admissibles qui réalisent un projet structurant de productivité ou de diversification.

  • Prêt Croissance et résilience de la BDC : jusqu’à 5 millions de dollars pour les entreprises canadiennes admissibles qui s’adaptent aux pressions tarifaires, notamment pour leurs liquidités, leur équipement et leur chaîne d’approvisionnement.

  • Programme d’impact commercial d’EDC : fonds de roulement, assurance crédit, solutions de change et financement à l’exportation pour les exportateurs et leurs fournisseurs.

FORCE : des liquidités pour les entreprises de 2 M$ et plus

Qui pourrait être admissible à FORCE?

La page officielle du programme FORCE d’Investissement Québec indique que le demandeur doit être une entreprise à but lucratif ou une entreprise d’économie sociale dont les exportations vers les États-Unis sont visées par un nouveau tarif américain d’au moins 25 % entré en vigueur depuis le 4 mars 2025. L’entreprise doit être immatriculée et en activité au Québec depuis au moins deux ans, avoir généré au moins 2 millions de dollars de chiffre d’affaires lors de son dernier exercice terminé et avoir été rentable pendant au moins un des deux derniers exercices terminés.

  • Les secteurs visés sont la fabrication et les secteurs primaires, notamment l’agriculture, les mines et la foresterie.

  • Les producteurs de bois d’œuvre résineux sont dirigés vers le programme FORET.

  • Pour une demande de 10 millions de dollars ou moins, au moins 25 % du chiffre d’affaires doit provenir des exportations américaines pendant l’un des deux derniers exercices terminés.

  • Les demandes de plus de 10 millions de dollars sont réservées aux entreprises jugées stratégiques selon les critères du programme.

Que finance FORCE?

FORCE offre un prêt pouvant atteindre 50 millions de dollars pour couvrir, pendant une période maximale d’un an, les besoins de liquidités liés aux tarifs. Investissement Québec présente un taux de 0 % pendant la première année, un taux progressif à compter de la deuxième année, une durée maximale de sept ans et un moratoire de remboursement du capital pouvant aller jusqu’à 24 mois. Pour les interventions de 10 millions de dollars ou moins, les dépenses admissibles sont plafonnées à 50 % du chiffre d’affaires provenant des exportations américaines lors du dernier exercice terminé. D’autres conditions peuvent s’appliquer et l’aide n’est pas automatique.

Comment amorcer une demande FORCE

L’entreprise doit communiquer avec son directeur de compte d’Investissement Québec. Si elle n’en a pas, elle peut utiliser le service d’accueil de l’organisme. Il faut être prêt à documenter les produits tarifés, les dates d’entrée en vigueur, la part du chiffre d’affaires américain, le manque de liquidités prévu et les mesures d’adaptation qui soutiendront la viabilité de l’entreprise.

PAUPME – Tarifs : un prêt de fonds de roulement pour les entreprises de 1 à 2 M$

Qui pourrait être admissible au PAUPME?

La page officielle du PAUPME – Tarifs douaniers vise les entreprises à but lucratif légalement constituées ainsi que les entreprises d’économie sociale ayant des activités marchandes. L’entreprise doit avoir son siège social au Québec, être inscrite au Registre des entreprises du Québec depuis au moins deux ans et avoir généré entre 1 et 2 millions de dollars de chiffre d’affaires pendant son dernier exercice terminé.

  • L’entreprise doit exporter aux États-Unis des marchandises tarifées ou être le fournisseur ou le sous-traitant d’un exportateur touché.

  • Au moins 25 % du chiffre d’affaires de 2024 doit provenir directement ou indirectement des exportations américaines.

  • L’entreprise doit démontrer une baisse de chiffre d’affaires d’au moins 20 % par rapport à 2024 ou prévoir une baisse d’au moins 20 % liée aux tarifs à compter de 2026.

  • Elle doit avoir été rentable pendant au moins un des deux derniers exercices terminés et présenter des perspectives raisonnables de rentabilité à moyen terme.

Quel montant est offert et où déposer la demande?

La MRC peut accorder un prêt maximal de 150 000 $, représentant jusqu’à 75 % des besoins de liquidités de l’entreprise pour une période de 12 mois. Le taux d’intérêt est de 0 % pendant les 12 premiers mois et un moratoire de 12 mois s’applique au remboursement du capital; un moratoire additionnel peut être possible selon les modalités du programme. L’amortissement maximal est de 60 mois, sans compter les moratoires. Une garantie ou un cautionnement satisfaisant pour la MRC est exigé.

La demande se fait auprès de la MRC, de la municipalité ou de l’organisme local qui gère le fonds local d’investissement du territoire. L’entreprise doit présenter, ou s’engager à présenter dans les 12 mois suivant l’aide, un plan d’adaptation portant notamment sur la productivité, la compétitivité et la diversification des marchés ou des produits. Les modalités sont indiquées comme étant en vigueur jusqu’au 31 mars 2028, sous réserve des fonds disponibles et des décisions du programme.

Transformez votre plan d’adaptation en projet finançable

Présentez votre projet d’automatisation, de chaîne d’approvisionnement ou de diversification. Nous vous aiderons à repérer les aides possibles.

Pourquoi une aide de liquidités n’est-elle pas une subvention?

FORCE et le PAUPME répondent à un problème de trésorerie à court terme. Ils peuvent aider une entreprise viable à poursuivre ses activités pendant son adaptation, mais les sommes doivent être remboursées. Une subvention ou une contribution non remboursable finance plutôt des coûts et des résultats de projet précis, par exemple de l’équipement, de l’automatisation, une certification ou le développement de marchés. Elle exige généralement un budget détaillé et des preuves de réalisation.

Une entreprise peut avoir besoin des deux : une facilité de liquidités pour la pression immédiate et du financement de projet pour une adaptation durable. Une même dépense peut figurer dans plus d’un montage financier seulement lorsque les règles de cumul applicables le permettent; elle ne peut pas être remboursée deux fois au-delà de ces limites. Il faut déclarer les autres aides gouvernementales et vérifier les règles de cumul auprès de chaque bailleur de fonds avant d’engager les coûts.

Subventions et financements fédéraux complémentaires

L’Initiative régionale de réponse tarifaire pour les projets structurants

Pour une PME manufacturière québécoise, l’Initiative régionale de réponse tarifaire de Développement économique Canada pour les régions du Québec peut soutenir des investissements en productivité et en diversification. Le programme présente des contributions non remboursables pouvant atteindre 1 million de dollars pour les projets structurants combinant productivité et diversification, jusqu’à 300 000 $ pour les projets visant seulement la diversification, ainsi que des contributions remboursables de plus de 1 million de dollars pour les investissements majeurs. Le taux d’aide maximal est de 50 % pour une contribution non remboursable et de 75 % pour un projet commercial recevant une aide remboursable. Le montant d’aide minimal est de 100 000 $.

Les activités admissibles peuvent comprendre l’équipement, la numérisation, l’automatisation, l’adoption technologique, la stratégie de nouveaux marchés, l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement, la conformité aux normes et les démonstrations technologiques. Au Québec, le programme indique accepter les demandes en continu jusqu’à l’épuisement de l’enveloppe. Une entreprise ne devrait pas engager de nouveaux coûts uniquement parce que la page du programme est ouverte; elle doit confirmer son admissibilité et la date de début des coûts avec DEC.

Ce que révèlent les données helloDarwin sur les aides accordées dans le cadre de l’IRRT

Au 24 août 2026, la base de données helloDarwin sur les aides publiques accordées contenait 2 885 096 dossiers de financement recueillis pour des programmes canadiens et dédoublonnés à l’intérieur de chaque source au moyen de son identifiant d’acceptation. Dans la famille de l’Initiative régionale de réponse tarifaire, les données recensent 424 aides accordées représentant 387,9 millions de dollars de financement annoncé. Le Québec regroupe 224 de ces aides, pour 157,1 millions de dollars. La guide helloDarwin de l’IRRT au Québec est directement reliée à 11 aides québécoises totalisant 7,3 millions de dollars.

Cette vue par dossier porte sur les aides annoncées publiquement plutôt que sur les demandes des clients de helloDarwin. Elle offre ainsi un portrait de marché concret des sommes engagées. Ensemble, ces chiffres montrent que la famille de programmes finance déjà des projets de réponse tarifaire à une échelle importante. Ils permettent de comparer l’activité des programmes et l’ampleur des projets financés; chaque entreprise doit ensuite évaluer son projet selon les critères en vigueur.

La BDC et EDC pour le financement, l’assurance et le risque d’exportation

La page de la BDC sur les tarifs et l’incertitude économique présente des prêts pour le fonds de roulement, l’équipement et les changements à la chaîne d’approvisionnement, dont le prêt Croissance et résilience pouvant atteindre 5 millions de dollars et des solutions sectorielles. Ces produits sont soumis à une analyse de crédit et ne constituent pas des subventions.

Le Programme d’impact commercial d’EDC peut aider les exportateurs et les fournisseurs admissibles au moyen de fonds de roulement, d’assurance crédit, de gestion du risque de change, de prêts à l’exportation et de soutien à la diversification. Ces outils peuvent être particulièrement pertinents lorsque l’incertitude tarifaire modifie les délais de paiement, les comptes clients ou le risque associé à un nouveau marché.

Remise des droits et allègement douanier

Les entreprises qui importent des intrants devraient également examiner les renseignements fédéraux sur les remises et allègements tarifaires. Une remise n’est pas une subvention; elle peut annuler ou rembourser des droits dans certaines circonstances. Le classement douanier, l’origine, l’utilisation finale et la documentation sont déterminants. Il est prudent de valider le traitement avec un spécialiste qualifié en douane.

Bâtir une seule stratégie de financement plutôt que des demandes isolées

  1. Quantifier l’exposition : dresser la liste des produits, des taux et des dates, des clients et fournisseurs américains, de la part du chiffre d’affaires et de l’effet sur les marges.

  2. Séparer les liquidités immédiates des projets d’adaptation : la paie, les stocks et les comptes clients ne s’analysent pas comme l’automatisation, la certification ou le développement de marchés.

  3. Préparer un scénario de trésorerie sur 12 mois comprenant un scénario de base, un scénario tarifaire et un scénario avec mesures d’atténuation.

  4. Définir des résultats mesurables : réduction des coûts, capacité de production, revenus dans de nouveaux marchés, concentration des fournisseurs ou délais.

  5. Associer chaque coût à une seule source de financement et confirmer les règles de cumul avant de signer un contrat ou un bon de commande.

Documents à préparer dès maintenant

  • Les états financiers des deux ou trois derniers exercices terminés et les résultats intérimaires

  • Les ventes par client, marché et produit, y compris l’exposition américaine directe et indirecte

  • La preuve que les produits ou intrants sont visés par les tarifs pertinents

  • Une prévision de trésorerie sur 12 mois et l’explication du besoin financier

  • Un plan d’adaptation avec jalons, budget de projet, soumissions de fournisseurs et résultats attendus

  • La liste des autres aides gouvernementales demandées ou approuvées pour la même période et les mêmes coûts

Erreurs courantes à éviter

  • Présenter toute aide publique comme une subvention alors que FORCE, le PAUPME, la BDC et plusieurs outils d’EDC sont des financements remboursables ou commerciaux

  • Se fier seulement au chiffre d’affaires sans prouver l’exposition tarifaire, la viabilité et l’incidence financière

  • Demander le remboursement de la même facture ou du même coût de main-d’œuvre au-delà des limites de cumul applicables, ou omettre de déclarer une autre aide demandée ou approuvée

  • Commencer un projet ou engager des coûts avant de confirmer la date d’admissibilité des dépenses et les exigences d’approbation

  • Confondre un prêt temporaire avec le plan d’adaptation au lieu d’expliquer comment l’entreprise améliorera sa productivité, diversifiera ses marchés ou réduira le risque de sa chaîne d’approvisionnement

Que devrait faire votre entreprise maintenant?

Commencez par une analyse de l’impact tarifaire et de la trésorerie. Si le problème immédiat est le manque de liquidités, comparez FORCE ou le PAUPME aux solutions de la BDC et d’EDC. Si la réponse exige de l’équipement, de l’automatisation, une certification, de nouveaux fournisseurs ou la diversification des marchés, préparez un budget de projet distinct et évaluez des programmes comme l’IRRT. helloDarwin peut aider à structurer le projet, à comparer les subventions et financements potentiellement pertinents et à préparer les preuves nécessaires pour une demande plus solide.

Le statut, les enveloppes et les règles des programmes peuvent changer rapidement. L’information ci-dessus a été vérifiée dans les sources officielles le 24 août 2026. Confirmez l’admissibilité, l’état de l’appel et les règles de cumul auprès de l’organisme responsable avant de présenter une demande ou d’engager des coûts.

Tags associés
Croissance et exportation

À propos de l'auteur

Émile Audet - Spécialiste en subventions canadiennes

Émile Audet

Spécialiste en subventions canadiennes
Travaillant chez helloDarwin depuis quelques temps, je suis en charge de vous fournir les informations nécessaires sur l'aide gouvernementale. Dédié à aider les entreprises du Québec et du Canada à atteindre leur plein potentiel, j'écris sur le blogue d'helloDarwin à propos des différents programmes, allocations et du financement disponible pour permettre aux organisations d'effectuer leur transformation numérique en ayant accès à de l'aide fédérale et provinciale.

Voir les articles associés

PAPDE
Croissance et exportation
23 juillet 2026

Le PAPDE est maintenant ouvert : jusqu’à 3 M$ pour des projets de développement économique

En savoir plus
Foresterie
Croissance et exportation
21 octobre 2025

Nouveaux tarifs américains : impact sur le secteur forestier canadien

En savoir plus
Canada vs. USA
Croissance et exportation
15 octobre 2025

Subventions pour les Tarifs : Les fabricants du Québec et de l’Ontario peuvent maintenant compter sur le programme IRRT

En savoir plus