Rôle du Fonds de solidarité des groupes populaires dans l’écosystème du financement
Le Fonds de solidarité des groupes populaires (FSGP) est un fonds communautaire sans but lucratif créé en 1974 à Québec. Il est né de la volonté de plusieurs organismes de quartier d’assurer leur autonomie financière à la suite de coupes dans leur financement externe. Le FSGP met en commun les efforts d’autofinancement de ses groupes membres et redistribue les sommes recueillies, offrant un financement complémentaire et relativement souple aux côtés des sources publiques et philanthropiques comme Centraide.
Sa mission est de financer des organismes populaires œuvrant en défense collective des droits dans la région de Québec et de la Capitale‑Nationale. Ces groupes interviennent sur des enjeux tels que le logement, la lutte à la pauvreté, l’aménagement urbain, l’information et la culture populaire, l’environnement ou encore les droits fondamentaux des personnes judiciarisées. Les fonds du FSGP permettent de réaliser des activités de formation, d’éducation populaire, de sensibilisation et de mobilisation sociale.
Approche de financement et groupes visés
Le FSGP ne fonctionne pas comme un programme de subventions concurrentiel classique, mais comme un fonds de solidarité entre organismes membres. Les campagnes annuelles de financement génèrent des revenus qui sont ensuite partagés entre les groupes. Historiquement, la répartition se faisait en fonction des besoins évalués; depuis le début des années 1990, le Fonds privilégie une distribution à parts égales, pour renforcer l’équité et la prise de décision collective.
Parmi les membres, on trouve notamment des organismes de défense des droits des locataires, des comités de citoyens de quartier, des groupes de défense des droits sociaux, une radio communautaire, des organisations environnementales et des médias indépendants. Le Fonds vise en priorité les organismes engagés dans la défense collective des droits humains et dans la lutte contre les inégalités, la discrimination, la vulnérabilité et l’exclusion sociale.
Autogestion, gouvernance et reddition de comptes
Le FSGP repose sur un modèle d’autogestion. Les groupes membres constituent à la fois l’assemblée générale et le conseil d’administration. Ils déterminent ensemble les orientations de la campagne annuelle de financement, les activités-bénéfices et les choix stratégiques. Un employé est embauché pour assurer la coordination et le fonctionnement quotidien, mais les décisions structurantes demeurent entre les mains des organismes de base.
Les rapports d’activités publiés sur le site présentent les résultats des campagnes, les montants amassés et la manière dont ceux-ci ont permis de soutenir les groupes membres. Cette pratique alimente la transparence et montre l’impact du Fonds comme source de revenus complémentaires pouvant conditionner la réalisation ou non de certaines activités ou projets.
Publics accompagnés et impact global
Par son soutien financier, le FSGP appuie indirectement les résidentes et résidents des quartiers centraux de Québec et des populations vulnérables de la grande région de la Capitale‑Nationale. En renforçant des organismes actifs en matière de droit au logement, de lutte à la pauvreté, de justice environnementale et de participation citoyenne, le Fonds contribue à améliorer les conditions de vie et à contrer l’appauvrissement et l’exclusion.
Le FSGP se présente également comme une expérience originale d’autofinancement réalisé par et pour des groupes populaires, qui gèrent et distribuent démocratiquement les sommes recueillies. Il occupe ainsi une place singulière dans l’économie sociale québécoise, en complétant les dispositifs publics et la philanthropie privée par un mécanisme local de solidarité financière.